La filière bois française propose un projet stratégique pour 2020

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Source Batiactu 10/07/2012

France Bois Forêt (FBF) et France Bois Industries Entreprises (FBIE) ont développé conjointement un projet stratégique pour toute la filière bois afin de valoriser une ressource sous-exploitée en France. Ce projet met en avant le rôle important du bois contre le changement climatique, son intérêt dans la création d’emplois dans les territoires ou sa contribution à la construction de 500.000 logements par an.

La filière du bois (forêt, sciage, emballage, construction, ameublement, pâte, énergie) est stratégique pour la France sur le plan économique, sociétal et écologique : elle représente 16 millions d’hectares (28 % du territoire national), 440.000 emplois (190.000 en amont, 250.000 en aval) pour un chiffre d’affaires de 60 milliards d’euros (20 Mrds € en amont, 40 Mrds € en aval). Pourtant, il s’agit du 2e poste le plus déficitaire dans la balance commerciale française. Or la production annuelle de la forêt n’est exploitée qu’à hauteur de 60 %. La marge serait donc importante. Les deux interprofessions nationales France Bois Forêt et France Bois Industries Entreprises viennent donc de dévoiler leur projet stratégique qui vise à développer, à l’horizon 2020, une filière à haut potentiel.

Le projet prévoit, entre autres, la création de 25.000 emplois non délocalisables et la contribution à l’objectif de construction de 500.000 logements par an. Les mesures prises devraient être adoptées tout au long du processus de transformation du matériau, en améliorant par exemple la compétitivité des scieries et en structurant le secteur de la construction bois. Afin d’y parvenir, les organisations proposent deux axes : la pérennisation de la forêt et la valorisation de la ressource. Pour le premier axe, les interprofessions offrent de renouveler et d’améliorer les peuplements et plantations de 760.000 hectares afin d’adapter les essences au changement climatique. Près de 11 millions de m3 de bois pourraient être mobilisés, sans toucher au capital forestier, par une meilleure gestion des surfaces (dessertes, mécanisation des exploitants, regroupements). Il serait également nécessaire de prendre en compte les politiques territoriales et d’optimiser les circuits logistiques courts.

Doubler l’utilisation du bois dans certaines constructions

Quant au second axe, les professionnels du bois recommandent le respect d’une hiérarchie dans les usages du bois en fonction des valeurs ajoutées créées : bois d’œuvre, industrie, énergie, etc. La FBF et la FBIE proposent d’adapter et développer l’utilisation du bois dans la construction, notamment en doublant les chiffres du décret n° 2010-273 du 15 mars 2010 (sur la quantité de bois incorporée dans une construction neuve), en développant le bois dans la maison individuelle et en généralisant le label « Bâtiment biosourcé ». Le projet stratégique comporte également des mesures portant sur la chimie verte et les biomatériaux, sur le secteur de l’emballage et sur la formation d’ingénieurs. Les organisations estiment que l’investissement nécessaire se montera à 250 millions d’euros. « Nous demandons également la création d’un fonds forestier stratégique carbone alimenté par 25 % des montants annuels issus de la mise aux enchères des quotas dès le 1er janvier 2013 », explique Emmanuelle Bour-Poitrinal, déléguée générale FBIE. Car, selon l’organisme, la filière aurait un impact non négligeable sur l’environnement en compensant plus de 22 % des émissions nationales (112 Mt de CO2 sur 517 Mt en 2009). A l’avenir, ce chiffre pourrait même atteindre les 30 % avec la diminution des émissions et l’accroissement de la substitution.

Une telle mesure permettrait de respecter les engagements de la France au niveau européen sur le paquet énergie-climat et réduirait le déficit commercial des filières forêt-bois et énergie. « Ce projet collectif et partagé, est le fruit d’une année de travail », déclare Laurent Denormandie, président de FBF. « Il est le résultat de concertations et de réunions permettant d’aboutir à un consensus. Aujourd’hui, la filière est bien organisée et donne au pays un projet à sa dimension. La France n’avait, jusqu’à présent, pas la politique bois qu’elle méritait, eu égard aux atouts dont elle dispose. In fine, l’ambition de ce plan est donc de créer des emplois et des richesses, facteurs de progrès », conclut-il.