La RT 2012 favorable aux isolants végétaux

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Source : BatiWeb 14/09/2012

Mettant l’accent sur le confort d’été et l’étanchéité à l’air, la nouvelle réglementation thermique devrait permettre à la filière des isolants végétaux de se développer plus rapidement, même si des freins persistent encore.

La famille des isolants végétaux regroupe les produits à base de fibre de bois, de fibres végétales (chanvre, lin), fibre recyclée (coton), ouate de cellulose (papier recyclé). Ce sont donc des produits d’origine biosourcée et renouvelables, à la différence des produits d’origine minérale et pétro-chimique. « Les isolants végétaux ont une bonne performance et capacité thermique et une bonne étanchéité à l’air. Ce sont des produits à la masse volumique élevée, qui améliorent le déphasage et la capacité à accumuler la chaleur. Ces isolants sont denses, ce qui est gage de qualité dans la durée : ils se tassent moins », explique Olivier Joreau, membre de l’ASIV (Association syndicale des industriels de l’isolation végétale). Quant à l’étanchéité à l’air, elle est moins liée au produit qu’à la pose de pare-vapeurs sur toute la longueur de la paroi.

Les isolants végétaux n’ont pas de certification spécifique. Ce sont les mêmes que pour les produits traditionnels, c’est à dire les avis techniques du CSTB et de l’Acermi. Ces certifications sont ouvertes depuis peu aux isolants végétaux, ce qui a permis de montrer qu’il s’agissait de produits de qualité et contrôlés. « La plupart des marchés réclame des certifications, et les membres de l’ASIV se sont engagés de manière volontaire dans cette démarche de qualité », poursuit le membre de l’ASIV. La RT 2012 introduit de nouvelles notions défendues depuis longtemps par les fabricants d’isolants végétaux : le confort d’été et l’étanchéité à l’air d’une construction, devrait donc donner un coup de boost à cette industrie. « C’est ce qu’on espère mais on constate que les habitudes sont longues à changer dans le Bâtiment. Le discours est trop souvent centré sur la résistance thermique (le fameux R, au cœur de la RT 2005) », déplore Olivier Joreau.

C’est le résultat qui compte

Or, on le sait, la résistance d’une paroi ne se limite pas à un R élevé. Et la RT 2012 n’impose pas de R minimum : c’est le résultat qui compte. « Il y a tant d’autres choses à mettre en avant. Mais le R est plus facile à obtenir sur le papier, que le confort d’été par exemple ». L’étanchéité semble donc encore loin d’être assimilée et prise en compte sur les chantiers. En attendant, l’industrie de l’isolation végétale, qui fabrique essentiellement ses produits en France tout en créant des emplois non délocalisables, continue d’investir dans la recherche et développement. A titre d’exemple : l’isolation par l’extérieur. Ou le « sarking » : des panneaux denses posés en toiture, entre des chevrons sous la couverture et destinés à lutter contre la chaleur d’été.

« Sans oublier la création prochaine d’un label ’Bâtiment Biosourcé’, la filière a un bel avenir devant elle. La Terre n’est pas inépuisable, il faut donc chercher de nouvelles matières. Des pays limitrophes comme l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse développent depuis longtemps ce type de produits. On regrette qu’il n’y ait pas plus d’aides en France pour promouvoir le renouvelable », conclut Olivier Joreau.