Eau Chaude Sanitaire : enjeux et projets innovants

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Source : Le Moniteur 26/10/2012

Dans les bâtiments performants, la production d’eau chaude sanitaire (ECS) devrait représenter le premier poste de consommation. D’où la nécessité de penser des systèmes en mesure de limiter la part de l’ECS à 20 kWh/m2.an. C’est l’objet de l’appel à projets Pacte ECS lancé en 2010 par l’ADEME, qui a fait l’objet d’un point d’étape lors des journées Efficience énergétique du bâtiment du bureau d’études Cardonnel.

C’est désormais de notoriété publique : l’eau chaude sanitaire (ECS) est appelée à devenir le premier poste de consommation des ménages vivant dans des bâtiments énergétiquement performants. Au sein des bâtiments basse consommation, le ratio de consommation dédié à la production d’ECS doit se limiter à environ 20 kWh/m².an (ce qui laisse 30 kWh/m².an aux quatre autres usages réglementaires). Encore faut-il que les technologies disponibles ou à venir soient en mesure de répondre à cette exigence. C’est ce qui a conduit l’ADEME à favoriser la R&D sur la production d’ECS performante, en lançant en 2010 l’appel à projets « Pacte ECS » (pour Programme d’actions concertées en technologies de l’énergie sur l’eau chaude sanitaire).

Cinq consortiums ont répondu présent et ont été retenus dans le cadre de cet appel à projets. Des représentants de deux d’entre eux ont eu le loisir de faire un bilan d’étape à l’occasion des Journées Efficience énergétique du bâtiment (EEB), organisées par le bureau d’études Cardonnel Ingénierie.

« 85% de l’énergie part à l’égout »

A commencer par celui dans lequel le bureau d’études Cardonnel est partie prenante, piloté par GDF Suez. Baptisé SCE (Synergie Confort Energie), ce programme de R&D privilégie le développement de systèmes de production d’ECS autour des pompes à chaleur gaz à absorption. Entrant dans sa troisième phase, le projet a permis de dégager un certain nombre d’écueils inhérents aux systèmes collectifs de production d’ECS : « Les pertes sur les réseaux de distribution peuvent aller jusqu’à 50 %, indique pour commencer Sébastien Prévot, responsable R&D au sein de Cardonnel Ingénierie, pointant la nécessité de limiter ces pertes en diminuant la longueur de ces réseaux. Et d’ajouter que « jusqu’à 85 % de l’énergie de l’ECS part directement à l’égout. Il est donc primordial de travailler sur la récupération d’énergie. ». Fait notable, qui distingue le projet SCE des quatre autres : il est le seul ayant intégré une recherche à dimension sociologique sur l’usage de l’ECS, comme demandé dans le cahier des charges du Pacte. Ce que regrette sans fards Johann Ransquin, chef adjoint du service « bâtiment » de l’Ademe : « Force est de constater que c’est un échec. Le monde des sciences humaines n’a semble-t-il pas forcément l’habitude de travailler avec le monde de la technique. » Pour pallier ce manque, l’Ademe a donc préparé un appel à projets ad hoc, qui viendra en complément des cinq projets du Pacte.

Chauffe-eau solaire collectif…individualisé

Le second projet mis à l’honneur à l’occasion des journées EEB est celui piloté par le bureau d’études Tecsol. Intitulé Scheff (Solaire collectif haute efficacité), il développe le concept du chauffe-eau solaire collectif individualisé : à une centrale de capteurs solaires collective sont associés des réservoirs de stockage individuels logés dans chaque habitation d’un bâtiment collectif. Faisant l’objet d’une expérimentation sur un bâtiment de cinquante logements à Perpignan, le concept d’installation solaire dite en « configuration parapluie » semble tenir ses promesses : « Après un an de collecte de données, les résultats sont très positifs, puisque le taux de couverture solaire est supérieur à 50%. »